)... Une des plus florissantes manufactures du royaume

)... L’industrie textile sedanaise au 19e siècle

)... Vers la fin de l’industrie textile à Sedan

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Une des plus florissantes manufactures du Royaume


Sous l'influence de réfugiés protestants, une activité drapière existe déjà à Sedan dès le milieu du 16e siècle. Mais il faut attendre le rattachement de la Principauté au royaume de France pour que débute véritablement l'industrie textile sedanaise. Quatre ans après l’acquisition de la place forte par Richelieu, un conseil d’état du Roi daté du 23 juin 1646, accorde à trois marchands parisiens, le privilège de fabriquer "certains draps noirs et de toute autre couleur, façon et manière d’ouvrer telle qu’elle se pratique en Hollande ". Après avoir acquis des terrains dans les faubourgs du Rivage et de la Cassine, Nicolas CADEAU fonde le Dijonval, qui fut jusqu’à l’expiration du privilège, en 1666, la seule manufacture royale de draps fins en France.


C’est surtout au 18e siècle que la Fabrique sedanaise connut un formidable essor. De 1710 à 1780, la production de draps tripla. Après les CADEAU, d’autres manufacturiers reçurent les mêmes privilèges : PAIGNON qui acquit le Dijonval en 1711, ROUSSEAU aux Gros-Chiens, LABAUCHE et POUPART, tous deux calvinistes, furent les figures de proue de la draperie sedanaise. Derrière ces manufacturiers privilégiés, deux catholiques et deux protestants, les entrepreneurs de chacune des confessions se livraient à une véritable compétition qui fut un des moteurs de notre draperie au 18e siècle.


A la veille de la Révolution, la manufacture emploie environ 14.000 personnes, dont 10.000 à la campagne, travaillant dans leur maison rurale, véritable ouvroir où l’on tissait et l’on filait la laine.


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L’industrie textile sedanaise au 19e siècle


 Après la période troublée de la Révolution, la draperie sedanaise connut une reprise sous le Consulat et l’Empire. Deux personnages jouèrent un rôle essentiel dans cette renaissance, Abraham POUPART et Guillaume TERNAUX, dont la réussite coïncide avec la mécanisation du travail de la laine. La ville redevint dès lors une des capitales mondiales de la laine cardée, spécialité séculaire de Sedan.


Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, l’activité fut d’une rare intensité. Les chefs d’entreprise multiplièrent par 2,5 leur chiffre d’affaire en trente ans. La draperie sedanaise était alors le reflet d’ascensions fulgurantes comme celle de Laurent CUNIN-GRIDAINE qui, de simple employé devint ministre de l’industrie et du commerce sous Louis-Philippe.


La réussite, de nombreux fabricants vont la connaître sous le Second Empire. BACOT, BONJEAN, BERTECHE, MONTAGNAC..., autant de noms illustres qui firent la renommée des draps de Sedan. Avec l’introduction de la machine à vapeur dans les usines et l’esprit d’affaires qui animait alors les fabricants, un élan euphorique plane sur la vieille cité du drap. C’est dans ce contexte qu’intervient la guerre de 1870, mettant un terme à ce bel essor et inaugurant une série de crises qui ont marqué profondément notre industrie textile.


La fin du 19e siècle se caractérise par l’achèvement de l’industrialisation avec la mécanisation du tissage, qui désormais se concentre en ville. Des usines "modernes" remplacent les petits ateliers de tisseurs à la main des villages environnants. L’ultime chouannerie de 1891, lorsque 3500 tisseurs cessèrent le travail, n’y changea rien. Mais l’industrie textile sedanaise perdait de sa spécificité en abandonnant partiellement ses draps de haute qualité et en introduisant dans sa fabrication des tissus bon marché.


Malgré une certaine apathie dans les affaires, le Sedan textile reste néanmoins une place de premier rang jusqu’à la première guerre mondiale.

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Vers la fin de l’industrie textile à Sedan


 Durant la première guerre mondiale, les usines sedanaises furent vidées de leur matériel. Il s’agissait pour l’occupant d’écarter définitivement la place sedanaise, afin qu’elle ne puisse entrer en concurrence avec les industries similaires de Brünn et d’Aix-la-Chapelle. Presque rien ne subsiste aux lendemains de la guerre. Il fallait donc se remettre à la besogne : la reconstitution, menée en partie par l’USPITS (Union des Syndicats Patronaux de l’Industrie Textile Sedanaise), sera lente et difficile. A la fin des années 1920, on recense à Sedan 4500 ouvriers, 1.400 métiers et 100.000 broches de filature.


Mais après quelques belles années d’exercice, se profilait déjà la crise des années 30, avec ses malheurs, les faillites et le chômage, mais aussi ses espoirs et ses joies avec les grèves de 1936. Se relevant avec peine, un nouvel épisode tragique allait une fois de plus s’abattre sur notre ville.


La guerre terminée, il fallut à nouveau se relever et se remettre à la tâche. La conjoncture favorable d’après-guerre permit d’entretenir une illusion artificielle. Mais le mal était profond, et seules les entreprises les mieux équipées purent faire face. Certaines le firent avec brio grâce à un matériel perfectionné.


La crise de 1958 est fatale pour de nombreuses entreprises : la fermeture de la SATA, ensemble usiner le plus important de Sedan, en est le symbole. Les usines les plus modernes résisteront davantage, mais la fin de l’industrie textile paraît dès lors inéluctable : de 4500 personnes au début des années 50, le textile sedanais en occupe moins de 2000 en 1965, 580 à la fin des années 70... La dernière entreprise ferme ses portes au début des années 90, laissant derrière elle le souvenir de 350 ans d’une formidable histoire.

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